Michel Lorand : Lacrimae rerum

À propos de cet événement

Lacrimae rerum est un triptyque vidéo qui a pour objet, une femme qui pleure. Chaque visiteur peut s'approprier l'installation seul, librement, en privé, sans contrainte de temps et sans contrôle extérieur. A sa demande, le visiteur reçoit (moyennant un dépôt) la clé de la salle d'exposition. Cette clé est enlevée pendant les heures d'ouverture du WIELS mais peut être gardée au-delà de cet horaire (La salle est accessible de manière autonome à partir de la rue). Le visiteur peut ainsi selon sa volonté se retrouver seul ou avec des visiteurs de son choix, s'isoler ou laisser le libre accès à la salle pendant sa visite, organiser des visites ou revenir seul à chaque fois qu'il le pourra. Une seule clé est délivrée par visite et donc exclusivement une seule personne à la fois aura la responsabilité de l'accès à la salle.

La structure du triptyque vidéo Lacrimae rerum (les larmes des choses) est réalisée à travers un découpage très précis et structuré en 18 séquences de 10" à 2'20, chacune accompagnée par une note de piano (18 séquences liées à 18 notes réparties à intervalles réguliers, de la tonalité la plus haute à la plus basse). Chaque écran est relié à un ordinateur qui joue chacun les 18 séquences, dans un ordre aléatoire. L'ensemble du processus sur les trois écrans, commence à l'ouverture de l'exposition et se déroule de manière continue 24h/24h jusqu'à la clôture de celle-ci, 610 heures en tout. Chaque visiteur perçoit donc pendant sa visite un seul fragment d'un seul et unique long déroulé filmique et sonore.

Cette installation est augmentée de 18 planches qui illustrent l'écriture de 18 moments choisis de cette installation à la manière d'une "partition musicale" de l'ensemble de la pièce.

Que signifient les larmes de cette femme: tristesse, douleur intime, appel à l'aide ou dépassement de la détresse, libération, joie, agapè? Quelle valeur dans le contexte de cette installation, accorde notre regard sur ces pleurs : pathos, obscénité, exhibitionnisme, voyeurisme, empathie, universalité ? L'accès et le dispositif même de la présentation de cette pièce interrogent l'acte d'exposer dans un cadre public ou privé, l'accessibilité réelle du visiteur à la contemplation, le rapport au contrôle, au pouvoir, à la liberté ou à la permission de percevoir et penser une œuvre d'art. Cette présentation questionne plus largement le rôle, la position et la responsabilité du visiteur dans le cadre d'une exposition.